Le TDAH n'est pas ce que vous croyez : 5 vérités surprenantes d'un médecin de renommée mondiale
Le nombre de diagnostics de Trouble du Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est en pleine explosion. Aux États-Unis, dans les années 1980, un enfant sur vingt était diagnostiqué ; aujourd'hui, ce chiffre est passé à environ un sur neuf. Faut-il y voir une meilleure capacité de diagnostic, ou le signe que de plus en plus de personnes sont réellement en difficulté ? Quoi qu'il en soit, face à cette augmentation, la croyance la plus répandue est que le TDAH est une condition génétique et héréditaire. Cette idée peut laisser de nombreuses personnes avec le sentiment d'être « nées quelque peu défectueuses ».
Pourtant, cette vision est loin d'être la seule. Le Dr Gabor Maté, un médecin et auteur de renommée mondiale lui-même diagnostiqué avec le TDAH, propose une explication radicalement différente. Sa perspective n'est pas seulement un changement de paradigme, mais aussi une voie plus responsabilisante pour comprendre et aborder les symptômes du TDAH.
1. Ce n'est pas une maladie génétique.
Le Dr Maté démantèle l'argument génétique avec un fait aussi simple que souvent négligé dans le monde de la génétique elle-même : malgré des décennies de recherche, il affirme qu'« aucun gène ou groupe de gènes n'a jamais été trouvé » qui cause définitivement le TDAH. Il n'existe pas de séquence génétique qui détermine si une personne aura ou non ce trouble. Le TDAH n'est pas une maladie génétique de la même manière que peut l'être la dystrophie musculaire. Dans ce dernier cas, si vous avez le gène, vous développerez la maladie. Pour le TDAH, la réalité est tout autre.
2. C'est une adaptation à un environnement stressant.
Si la génétique ne dicte pas la condition, qu'est-ce qui le fait ? Le Dr Maté soutient que la réponse ne se trouve pas dans notre ADN, mais dans nos premières expériences. Pour lui, les symptômes du TDAH, en particulier la tendance à se « déconnecter », sont en fait un mécanisme d'adaptation. Cette distinction est cruciale : il ne s'agit pas d'un défaut, mais d'une stratégie de survie logique, bien que douloureuse, développée durant l'enfance pour faire face à un stress écrasant. Le cerveau d'un enfant se développe physiologiquement sous l'impact de son environnement émotionnel.
Lorsque les parents sont soumis à un stress important, qu'il soit financier ou autre, ce stress se traduit par un stress physiologique chez l'enfant. Pour échapper à cette tension, l'enfant apprend à se déconnecter du moment présent. Ce n'est pas une coïncidence si les enfants issus de familles plus pauvres ou de minorités sont plus susceptibles d'être diagnostiqués : ils vivent simplement dans des environnements où le niveau de stress est beaucoup plus élevé.
3. Le « gène du TDAH » est en fait un « gène de sensibilité ».
Ce qui est remarquable dans l'approche du Dr Maté, c'est son recadrage puissant de l'hérédité : ce qui est hérité n'est pas un trouble, mais une sensibilité accrue. Certaines personnes naissent avec des gènes qui les rendent plus sensibles à leur environnement. Le mot « sensible » vient du latin sentire, qui signifie « sentir ». Ces individus ressentent simplement les choses plus intensément.
Cette sensibilité est une épée à double tranchant. Dans un environnement stressant et douloureux, une personne sensible ressentira cette douleur plus profondément et aura davantage besoin de se « déconnecter » pour y faire face. Cependant, dans un environnement sain et bienveillant, ces mêmes gènes de sensibilité peuvent se manifester par de la créativité, de la joie et du leadership. Ce recadrage est peut-être la contribution la plus pleine d'espoir de Maté : il transforme un handicap perçu en un atout potentiel, entièrement dépendant de l'environnement que nous créons.
4. Les médicaments sont un outil à court terme, pas un remède.
Le Dr Maté a une vision nuancée des médicaments. Il admet en avoir pris lui-même pour l'aider à se concentrer : « Ça m'a aidé à écrire mon premier livre », confie-t-il. Cependant, il insiste sur une distinction cruciale : les médicaments ne guérissent pas la cause sous-jacente du TDAH. Et il offre un témoignage puissant de cette réalité : « plus récemment, quand j'ai commencé à écrire [un autre livre], […] tout ce que [le médicament] a fait, c'est me donner des effets secondaires. Mon cerveau a changé. Je n'en ai plus besoin. »
Cette expérience personnelle illustre son point principal : les médicaments ne font que supprimer les symptômes, ce qui peut être une aide temporaire. Il déclare :
il n'y a aucune preuve que les médicaments aident quiconque à guérir du TDAH
Son conseil à un adulte diagnostiqué est donc pragmatique : si les médicaments vous aident à fonctionner, utilisez-les. Mais en parallèle, engagez-vous dans un travail de fond pour aborder les stress et les traumatismes de l'enfance qui sont à l'origine de vos symptômes.
5. La guérison passe par le changement des conditions.
La véritable approche à long terme, selon le Dr Maté, ne consiste pas à simplement traiter les symptômes, mais à changer les conditions qui les provoquent. Pour les adultes, cela signifie examiner les facteurs de stress dans leur vie actuelle et créer un environnement propice à un développement sain. Il suggère des approches pratiques comme prendre soin de son corps, faire de l'exercice, bien manger et passer du temps dans la nature, dont l'harmonie a un effet apaisant sur l'esprit.
Ce ne sont pas de simples conseils de bien-être ; ce sont des méthodes pratiques pour inverser les déficits environnementaux qui ont contribué aux symptômes en premier lieu. En travaillant sur ces aspects fondamentaux, une personne peut non seulement mieux gérer ses symptômes, mais aussi mener une vie beaucoup plus épanouie.
Conclusion : Une nouvelle question à se poser
La perspective du Dr Gabor Maté nous invite à voir le TDAH non pas comme une maladie innée ou une faille génétique, mais comme une réponse compréhensible au monde qui nous entoure. Il s'agit moins d'un problème intrinsèque à la personne que d'une interaction entre sa sensibilité héritée et les conditions de son développement.
Cela nous amène à changer notre question fondamentale. Au lieu de demander « Qu'est-ce qui ne va pas chez cette personne ? », la question plus utile et bienveillante pourrait être : « Que s'est-il passé pour cette personne, et de quel environnement a-t-elle besoin pour s'épanouir ? »










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